Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 23:56

Suite à mes billets sur les J-Music Awards, et la réponse de son organisateur, un internaute m’a interpellé dans les commentaires d’un desdits billets, en me questionnant sur tout un tas de choses. Au départ je comptais simplement répondre à la suite, mais au final, vue la taille de la réponse, je préfère en faire un nouveau billet, d’autant que ça offrira à ce pavé une meilleure visibilité. Here we go !

Bon d’abord, en préambule, je dois rappeler que les propos que je tiens ici n’engagent que moi, et peut-être que je me trompe sur les diverses analyses et conclusions. En effet, je ne prétends pas détenir une quelconque vérité universelle, ou un truc du genre. J’expose ici mon opinion, et si je laisse ouvert les commentaires, c’est bien pour que les gens puissent donner leur avis également, surtout s’ils ne sont pas d’accord en fait. Je précise d’ailleurs que je suis arrivé à Nolife pour mes compétences dans le domaine de l’audiovisuel (côté technique), et absolument pas par l’aspect J-Music. C’est juste que c’est cool de pouvoir conjuguer plusieurs passions d’un coup, qui plus est dans son boulot ^^ Et c’est en ce sens que je poste mes avis sur ce blog, et que je me garde bien de les relayer par Nolife.

Donc je ne suis pas certain que ce qui va suivre comblera tes attentes, mais si tu espères de ma part que j’aille chercher des données confidentielles, ou autres, ne compte pas dessus. Je ne suis pas dans une démarche journalistique, et je ne compte pas m’y inscrire spécifiquement un jour ou l’autre. J’essaie simplement quand je le peux d’apporter des éléments qui me permettent de consolider mes points de vue, parce que ça me semble normal quand on avance une thèse de se reposer sur des éléments factuels. Mais pour répondre à tes interrogations, je ne suis pas en mesure de fournir de tels éléments. Donc, je me base surtout sur des interprétations, en espérant que ça convienne tout de même ^^’

J’ai beau côtoyer un peu le microcosme de la J-Music française, je reste avant tout un amateur de J-Music, sans plus, loin de connaître tout ce qui se trame. La plupart du temps, j’apprends les projets des différentes sociétés impliquées dans le milieu en même temps que tout le monde (par exemple, j’ai appris par le communiqué de presse la tournée d’Uplift Spice, je n’en avais pas eu vent auparavant). Tout au plus, je peux avoir parfois quelques échos de projets en cours, mais ça reste marginal, et de toutes façons à confirmer par la suite.

Seuls les différents labels donnent la mesure, moi, je bosse pour un media spécialisé, et donc là pour se faire le relai de leurs actualités. S’ils le désirent, on peut aussi les accompagner et les aider à aborder le marché français, en présentant au public les artistes, en diffusant les clips, etc. Donc si l’on est contacté en ce sens, on est évidemment flattés, et on répond alors aux interrogations formulées, mais ça reste assez rare. Mais entrons maintenant dans le vif du sujet.

La J-Music en France est-elle rentable ? D’un point de vue global, clairement non (encore une fois, c’est mon avis, je n’ai pas sous les yeux la compta des sociétés concernées ^^’). Les ventes (physiques ou numériques) restent assez confidentielles en France, et en ce sens je pense que Bishi Bishi, en se concentrant sur la vente dématérialisée, a fait le bon choix, car ça leur permet de distribuer officiellement plusieurs artistes, tout en assurant leurs arrières puisqu’ils n’ont pas à produire de CDs qui risqueraient de mal se vendre.

Côté live, c’est à analyser au cas par cas. J’imagine que certains concerts finissent dans le positif : les différents live de Kokia ces dernières années, les Morning Musume à Japan Expo, X Japan ou Laruku au Zénith (rempli à 80 ou 90%, ça reste tout à fait honorable, n’en déplaise à certains) : autant d’events qui ont attiré pas mal de spectateurs, et qui, combinés à la vente de merchandising, auront je pense permis aux organisateurs de rentrer dans leurs frais. Dans la même catégorie, on peut citer Tôkyô Ska Paradise Orchestra, MUCC, Miyavi, LM.C… Des artistes qui reviennent relativement souvent en France, et qui je crois retrouvent leur public à chaque fois.

À côté de ça, on a des artistes moins connus (mais pas pour autant déméritants) qui galèrent pour se faire connaître, et qui tournent dans des petites salles (je repense notamment à la première tournée de Lazy Guns Brisky). Et enfin des petits groupes qui pensent (ou à qui l’on vend) une reconnaissance assurée en Europe, et qui au final s’y cassent les dents (j’ai du mal à croire que les petits groupes de visu inconnus parviennent à rentabiliser leur venue). Ce qui peut être également vrai pour de grands pontes du milieu (Gackt en aura fait l’expérience cet été), mais pas forcément.

Alors, qu’est-ce qui fait que c’est parfois un succès, parfois un bide ? Je pense que c’est un savant cocktail entre popularité (au Japon et/ou en Europe, mais à ce niveau là une connexion est impérative), et médiatisation (dans le sens global du terme). S’adosser à une convention est également malin. A titre d’exemple, le J.E. Live House propose sur 4 jours une richesse exceptionnelle dans la programmation, de quoi satisfaire tous les goûts, et proposer des découvertes intéressantes à un public, disons, déjà quelque peu sensibilisé à la musique japonaise.

Question n°2 : X Japan, L’Arc~en~Ciel, Dir en Grey en France, est-ce un progrès ? Je ne pense pas, non. En l’occurrence, pour ces 3 groupes, les motivations étaient assez distinctes. X Japan venait surtout pour recoller les morceaux, après deux annulations, afin de regagner un peu la confiance de leurs fans. Leur second objectif était, avec cette étape européenne dans leur tournée mondiale, de montrer l’ambition internationale du groupe (sortie de la version 2011 de Jade sur iTunes au même moment). Lors de leur tournée 2007/2008, Laruku faisait un détour par la France pour le prestige : un concert à Paris dans une tournée asiatique, filmée sous tous les angles pour le DVD, retransmis en direct au Japon… Il fallait marquer les medias japonais de la réussite de ce live, entériner la dimension internationale du groupe (ça n’empêche que c’était un putain de concert, probablement le meilleur concert de J-Music auquel j’ai pu assister en France jusqu’à maintenant). Pour Dir en Grey, après un concert à l’Olympia qui je crois avait su combler les fans (je n’y étais pas), le live au Zénith était là plutôt pour confirmer la popularité du groupe en Europe, et au besoin répondre à une potentielle montée en puissance… Bref, dans chacun de ces cas, je n’y vois malheureusement pas une volonté profonde des japonais d’investir le marché européen.

Mais je reviens au live de Dir en Grey au Zénith : comment expliquer l’échec dudit concert ? Je pense que le tourneur (et/ou le groupe) a vu trop grand. Le Zénith, c’est plus de 6000 places, la seconde plus grande salle de spectacle de Paris. Et pour parvenir à le remplir, il faut que le groupe soit suffisamment connu et populaire pour que ça le fasse. Evidemment, en tentant le Zénith, Dir en Grey fût précurseur en la matière, mais avec le recul donc, ça semble vraiment compliqué pour un groupe japonais d’y faire un sold out. Et forcément (je ne sais pas combien de spectateurs étaient venus au final), ben si tu as 1500 personnes dans une salle qui peut en contenir 6000, ça semble assez désert.

Cela m’amène à une légère digression sur le sujet : je pense qu’un groupe japonais disposant d’une certaine renommée et d’une certaine popularité peut tout a fait amener 1500 ou 2000 personnes sur une date sur Paris, ce qui me semble suffisant pour rentabiliser un tel évènement. Des salles comme le Bataclan ou La Cigale semblent tout à fait adaptées pour cette capacité. A condition aussi que les artistes acceptent le jeu des medias spécialisés, qui permet de faire la promo du concert, et attirer l’attention des spectateurs qui pourraient être intéressés (spéciale dédicace à Gackt, à nouveau).

Mais voilà, la plupart des artistes japonais reconnus voudraient disposer des mêmes prestations dont ils bénéficient lorsqu’ils tournent au Japon. Quelque part c’est compréhensible, mais ça conduit surtout à une impasse, car aucun tourneur ne prend le risque d’offrir cela en Europe : c’est la certitude de perdre de l’argent au final. Donc, il faut d’abord que les japonais revoient leurs prétentions à la baisse, et ce d’une manière globale.

Ensuite, il y a aussi un problème géographique : à l’heure actuelle, si l’on excepte les organismes tentaculaires type LiveNation, aucun tourneur n’est capable à ma connaissance de proposer une tournée européenne solide « clé en main ». Donc si un artiste japonais veut venir en Europe, et rentabiliser ce déplacement en proposant par exemple une date dans chaque pays d’Europe occidentale, et bien il lui faut démarcher lesdits pays un à un. Forcément, ça refroidit, et il faut ajouter à ça les problèmes linguistiques…

Donc, oui, j’espère qu’un jour une telle structure existera, et disposera de contacts privilégiés avec des salles adaptées dans chaque pays, permettant aux japonais désireux de venir et bien de n’avoir qu’un seul contact à l’échelle européenne, et d’organiser bien plus facilement une tournée.

Ton interrogation suivante portait sur la peur des labels japonais sur le traitement des medias français. Alors je ne dispose d’aucun élément sur le sujet pour étayer mon hypothèse, mais sincèrement je pense que les japonais s’en foutent pas mal. Ce qui compte, c’est surtout ce que les médias japonais diront : quand L’Arc~en~Ciel se fait allumer par France 2, je pense que le staff du groupe n’en a rien à faire. Par contre, c’est important en terme de communication qu’un tel concert soit relayé dans la presse nippone.

Alors pourquoi les artistes japonais ne viennent pas plus en Europe ? Et bien justement, ils ont clairement moins à gagner en s’exportant à l’international, plutôt que de se concentrer sur leur marché local. C’est sur, de notre point de vue, ça fait mal, mais c’est la triste vérité. Tout ça reste du business, et forcément les groupes vont avant tout là où les perspectives financières sont les plus alléchantes. Ce n’est pas une règle absolue, mais ça dicte tout de même beaucoup de comportements. C’est la raison la plus évidente qui fait que les plus grandes stars japonaises ne viennent pas en Europe.

Parlons maintenant des spécificités du marché européen de la J-Music. Car c’est évident qu’on a des goûts et une approche différente de la musique. Donc oui, ce qui cartonne au top Oricon n’aura pas forcément du succès en occident. Sauf que là encore, tout est dans la demi-mesure, impossible d’établir une règle en la matière. D’ailleurs, avec du recul, on peut se rendre compte que les styles typiquement nippons (visu, idols), trouvent d’avantage d’écho que du rock ou de la pop. Serait-ce cela que recherchent les fans européens, du dépaysement ?

En ce qui concerne les anime comme vecteur de découverte, j’explicite mon avis : je ne parlais pas en particulier des artistes habitués à cet exercice, mais d’avantage au niveau de la diffusion et de la découverte de la musique japonaise. C’est à l’heure actuelle en Europe un moyen relativement efficace d’amener le public à s’y intéresser. Ainsi, j’imagine assez bien l’ado de 14 ans, qui suit assidument Naruto (ou autres), mettre dans son lecteur MP3 les génériques de la série qu’il a aimé, car ils sont très efficaces et lui rappellent la série, sans même se dire qu’il s’agit là de musique japonaise. Et si on lui demandait s’il écoute de la musique japonaise, il ne répondrait pas immédiatement par l’affirmative, car la connexion ne serait pas évidente pour lui.

Venons-en à la représentativité du J-Top. Ce que j’ai dit dans mes billets reste tout à fait valable, en ce qui concerne notamment les points faibles. On ne pourra que s’améliorer au fur et à mesure, en intégrant plus d’artistes, en diffusant au plus tôt les nouveautés, etc… Après, il y a un nombre non négligeable de fans de J-Music qui ne votent pas pour le J-Top, et ce pour diverses raisons. Mais rien ne les empêche de changer d’avis et d’y venir, en espérant qu’ils comprennent par eux-mêmes l’intérêt qu’ils ont à le faire. Ainsi, pas mal de personnes ne font pas l’effort de le faire, car ils ne peuvent pas voter pour tel ou tel artiste. Mais, j’en viens à nouveau à faire la promo du J-Top, ça évolue en permanence, et beaucoup se basent sur une première impression ou un état des lieux qu’ils avaient constaté il y a 2 ou 3 ans. S’ils s’y intéressaient à nouveau, peut-être trouveraient-ils leur bonheur maintenant. En bref, le J-Top est loin d’être parfait, certes, mais à l’heure actuelle est ce qui est le plus adapté pour renseigner les labels japonais sur comment appréhender le marché français.

Ensuite, pour reprendre tes termes, le but de Nolife est-il de « répandre et structurer la jpop en France » ? Répandre oui, c’est certain. Encore une fois, en diffusant tous les clips que l’on veut bien nous passer, sans distinction. Structurer, non, ce n’est pas le rôle de Nolife, et surtout ce n’est pas notre (nos) métier(s). Nous ne sommes pas éditeur, ou tourneur, donc c’est à d’autres de s’en occuper. Mais on voit que ça commence à fonctionner : Uplift Spice ne s’apprêterait certainement pas à faire une tournée française si Nolife n’avait pas diffusé leurs clips.

Passons ensuite à un gros morceau, Nautiljon. S’il est clair qu’il s’agit à l’heure actuelle du site francophone drainant la plus grosse communauté d’amateurs de J-Music, c’est évident que la présence de contenus illégaux demeure toujours le cœur du problème, et non le public qui fréquente le site. Il est évident que les personnes qui œuvrent pour et sur ce site le font vraiment par passion, par amour pour la J-Music. Certaines suivent d’ailleurs avec intérêt Nolife, et ont bien compris notre démarche.

J’ai malheureusement l’impression que Nautiljon est enfermé dans un cercle vicieux : du contenu téléchargeable gratuitement assure un nombre de visites conséquentes, donc les revenus pubs qui en découlent, et qui permettent de financer les infrastructures et la pérennité du site. Et si le tout premier élément de cet enchainement est supprimé intégralement, tout le reste s’effondre. Il y a en effet fort à parier qu’un nombre conséquent de visiteurs déserteront s’ils ne trouvent plus « gratuitement » ce qu’ils recherchent.

Il en va de même pour les lives… Bref n’importe quelle statistique qui serait basée sur la fréquentation de ce site me semble bancale, car biaisée par l’aspect gratuité. Ce n’est pas parce qu’un amateur de J-Music va se regarder un live, qu’il se déplacerait physiquement si l’artiste en question faisait un concert en France.

Oui, à l’heure actuelle, si l’on veut établir une relation durable avec les labels japonais, et leur prouver notre sérieux et notre volonté, on ne peut pas travailler avec un site comme Nautiljon, sinon, pour le coup, on se tirerait une sacrée balle dans le pied.

Tout ça relève de mon avis, auquel on peut évidemment m’opposer une infinité d’arguments. Mais dans ce cas précis la rangaine « je télécharge pour découvrir, et ensuite j’achète » ne tient pas. A ce moment-là, du simple streaming suffirait, et il est évident qu’une majorité d’auditeurs n’y trouveront pas leur compte, car ce qu’ils veulent avant tout, c’est un fichier MP3.

Idem, l’argument que tu avances sur la difficulté de trouver de la J-Music en France ne me convainc pas : si l’on excepte les sorties officielles françaises, trouvables sur les sites habituels, il suffit de se rendre sur des sites spécialisés qui ont largement pignon sur rue pour trouver ce qu’on cherche : CDjapan, playAsia, etc… Encore faut-il accepter de jouer le jeu de l’import, avec les taux de change, les frais de port et les taxes…

On en vient ensuite aux différences de comportements entre ce que l’on peut écouter au quotidien, et les artistes qu’on irait voir en live… Alors là, joker, c’est quelque chose de bien trop compliqué à analyser pour moi. Car outre les goûts de chacun, il y a aussi un phénomène de rareté qui entre en ligne de compte. A l’heure actuelle, vu le peu d’artistes japonais qui viennent en Europe, on peut tout à fait être tenté d’y aller, même si les artistes ne sont pas ceux que l’on écoute régulièrement.

Concernant les relations que Nolife peut entretenir avec les labels, je ne sais pas exactement quelle idée tu t’en fais, mais il faut voir que la plupart du temps, il s’agit de relations pros : on est une chaine de télé, on passe des clips, on informe sur les nouvelles sorties et les concerts à venir. C’est ce type de choses que nous envoient les labels, et en retour on leur fait parvenir régulièrement les résultats du J-Top. Et ensuite, quand ça se passe bien, on peut envisager des choses plus évoluées : des live reports lorsque la situation s’y prête (comme celui que j’ai réalisé pour les 20 ans de L’Arc~en~Ciel), voir la création d’un programme spécifique (Ami Ami Idol pour le Hello ! Project). Mais il ne faut pas croire que l’on dispose d’avantages outranciers : sur les events ou les concerts, on est traités comme le reste de la presse (et parfois assez mal, même si on diffuse par ailleurs les clips des artistes concernés), sur des conventions type Japan Expo, sur la durée de l’évènement on dispose de badges presse comme tous les autres medias, etc…

« cet ambiguïté […] accentuée qu'elle l'est par vos posts qui se revendiquent comme généreux en infos » Alors là, je ne suis pas d’accord. Je n’ai jamais laissé entendre, et encore moins revendiqué des choses de cette nature. Tu as des exemples sur ce point précis ? En tout cas, si c’est ainsi que tu interprètes certains de mes propos, c’est que j’ai mal tourné mes phrases, mais cette finalité est purement involontaire.

Pour finir, un mot sur la segmentation du public. Ce que je disais dans mes billets reste d’actualité. Bien sur, on trouvera toujours, et heureusement, des gens capables d’être suffisamment ouvert d’esprit pour écouter de tout, et apprécier les apports de chaque style musical. Mais il ne faut pas se voiler la face, et tu le résumes très bien : « en réalité au niveau de l'ouverture le public jpop est pas différent du public de zik occidentale ». Tout a fait, je doute que les fans de Jenifer se jettent sur le dernier album d’Orelsan. Ben c’est pareil pour la J-Music, je doute que les fans des AKB48 se jettent sur le dernier The Gazette. Cette segmentation est structurelle, selon les goûts de chacun, ça me semble assez limpide. Peut-être aussi qu’elle se fait d’avantage ressentir, car le public écoutant de la J-Music est plus nombreux, que disons, il y a 10 ans, où c’était cantonné essentiellement aux connaisseurs, plus apte à écouter plusieurs genres que n’importe quel fan.

Voilà, je crois que j’en ai terminé, oui c’était long, mais n’hésite pas à me dire si tu estimes que certains points demeurent flous, ou si j’ai oublié des choses que tu as soulevé (j’ai essayé d’être exhaustif pourtant).

Par Zed - Publié dans : Râlages médiatiques
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 14:25

Oula, ça faisait un bon moment que je n’avais rien écrit ici ! Mais là, j’ai été gâté, alors hop, c’est reparti :)

C’est l’été, les vacances, et je profite de quelques jours d’oisiveté pour faire mon touriste… Paris est une ville culturellement très riche, et si le reste de l’année, je manque de temps, là j’enchaine les musées et les expos.

Hier, mercredi 10 août 2011, je me retrouve un peu avant 18h à la station Charles de Gaulle – Etoile, niveau RER A, avec l’intention de rentrer chez moi. Le prochain train desservant Chatou est annoncé à 18h03. En théorie.

18h, le train précédent, en direction de Cergy, quitte la station. On ne le sait pas encore, mais le prochain train en direction de la banlieue ouest passera… 50 minutes plus tard ! Chronologie des évènements de mon point de vue d’usager, sur le quai…

18h03, le train annoncé n’est toujours pas là. Les écrans d’information (SIEL) indiquent subitement « train retardé* », avec en guise de précision « le train XTRA stationne à Auber, nous vous tiendrons informer de sa remise en marche ». Probablement un système automatique, qui détecte lorsqu’un train reste trop longtemps à quai.

Conséquence logique, petit à petit les convois qui le suivent se muent eux aussi en « train retardé »

18h11, le fameux train XTRA dispose à nouveau d’un horaire de passage à Etoile. Il est annoncé pour 18h14. Fin d’un problème supposé, on n’a eu pour le moment aucune indication sur ce qu’il se passait. Mais ça se gâte par la suite.

18h14, toujours pas de train, mais il est annoncé finalement pour 18h17.

Et finalement… le train est annoncé comme « supprimé » (très furtivement, il ne faudrait pas que les usagers s’en rendent compte, hein), et une ligne supplémentaire sur l’écran indique désormais un « train sans arrêt » à destination du dépôt. Personne n’est dupe, l’on sait pertinemment qu’il s’agit du train en question, et qui est manifestement dans l’impossibilité de terminer sa mission. Pendant ce temps, les rames qui le suivent sont toujours retardées.

18h19, première annonce sonore, pour nous signaler un incident au matériel roulant. Oui, il aura fallut à la RATP 16 minutes pour réagir, et commencer à informer les voyageurs. 16 minutes ! C’est une éternité, sur une ligne aussi chargée !

Les minutes s’égrènent, les annonces se multiplient, mais on n’a toujours pas vu passer le moindre train. Les infrastructures sont ainsi faites, tant que le train impacté n’a pas été conduit au dépôt, aucun des trains suivants ne pourront circuler.

Pendant ce temps, le trafic est tout à fait normal en direction de l’est, c’est logique puisque le problème incrimine une rame en direction de l’ouest. Mais…

18h39 (oui oui, 20 minutes plus tard, on a toujours pas vu passer un seul train), si vous êtes des habitués du RER A, vous devez déjà avoir une petite idée de ce qu’il va se passer, et qui motive le titre de ce billet…

Non ?

18h39 donc, c’est vraiment la pire solution que nous offre la RATP : elle décide de rendre terminus un train en direction de l’est à Etoile, débarquant ainsi tous les passagers sur le quai, afin que ce train effectue une manœuvre de retournement et reparte vers l’ouest.

Vous ne rêvez pas : près de 40 minutes après le début de l’incident, cette décision étend les perturbations à l’ensemble de la ligne, puisque le trafic et les conditions de transport des usagers vers l’est s’en trouvent être elles aussi considérablement dégradées !

En effet, le temps que les passagers sortent de la rame et qu’elle reparte à vitesse réduite, il est déjà 18h43, et les autres trains en direction de l’est se trouvent à leur tour coincés, à la queue leu-leu à l’approche d’Etoile.

Nous, sur l’autre quai, et bien on attend toujours de voir passer notre « train sans arrêt ». Mais en fin de compte, on ne le verra jamais, pourtant toujours annoncé sur les écrans.

18h49, la rame qui a fait demi-tour se présente sur notre quai. Par chance, elle est en direction de St Germain, et de fait, elle est donc vide, ce qui me permet d’obtenir une place assise. Mais ça ne sera pas le cas de tout le monde.

18h53, on quitte enfin Charles de Gaulle – Etoile, finalement j’arriverai à Chatou à 19h11.

Voilà où se termine cette chronologie édifiante et pitoyable… Je ne suis pas en mesure de savoir comment a été traitée la suite et la fin de l’incident, aucune trace dans les medias aujourd’hui…

Je ne suis pas à la RATP, je ne connais pas tous les détails qui ont conduits à tout ça, mais manifestement, le problème a été géré de manière très maladroite (annonce tardive, solution qui n’en est pas une,…).

De mon point de vue, ça me semble par exemple bien plus pertinent de réaliser au plus vite des départs vers l’ouest depuis la Défense, en rendant certains trains (un sur deux, ou un sur trois) en direction de l’est terminus dès Nanterre-Préfecture. En effet, avec 2 quais et 4 voies à La Défense, cela semble plus simple à mettre en œuvre, plutôt qu’effectuer un retournement sur le tronçon central.

Ainsi, on offre au moins une solution pour les voyageurs en direction de l’ouest, tout en maintenant également des rames en direction de l’est. Reste pour les voyageurs bloqués (comme moi), à rejoindre La Défense, ce qui semble, même si ce n’est pas idéal, possible par le métro, ou le transilien.

Car j’ose imaginer, conséquence logique de tout ça, qu’il y a eu par la suite une pénurie de trains à l’ouest, affectant encore d’avantage les voyageurs en direction de l’est.

Conclusion : même pendant les vacances, le RER A continue de pourrir la vie des usagers !

Par Zed - Publié dans : Râlages en commun
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 19:00

Previously, on Le Blog Pour Râler : Les French J-Music Awards, entre Hypocrisie et Schizophrénie (4/5)

 

Au final, que faut-il donc retenir de ces résultats ? « L’excellente performance du groupe ONE OK ROCK, qui se classe 11ème devant une pléiade de stars »

One OK Rock est diffusé sur Nolife depuis 2007, et a toujours très bien marché dans le J-Top. Ce n’est pas du tout une révélation. Et Amuse, leur label, est tout à fait au courant, puisqu’ils reçoivent régulièrement les résultats du J-Top.

Pour finir, quelques petites mentions qui m’ont bien fait sourire, et auxquelles je voulais réagir.

« Pour la J-Music et les professionnels européens qui en font leur spécialité, la menace coréenne est bien réelle. On attend d’ailleurs d’un jour à l’autre le nom du premier grand groupe Kpop qui sera à l’affiche du Zénith de Paris le 10 juin, une salle de prestige où DIR EN GREY a fait un flop et que L’Arc~en~Ciel n’est pas parvenu à remplir malgré des années de promotion J-Music intensive… »

Alors, j’avoue être un noob total en ce qui concerne la K-Pop. En attendant, c’est un peu dommage, alors même qu’elle en est à ses balbutiements en Europe, de vouloir systématiquement l’opposer à la J-Music.

On verra donc si ce premier grand concert est couronné de succès, parce qu’effectivement, remplir le Zénith, ce n’est pas une mince affaire. Si j’en ai l’occasion, j’irai faire un tour du côté de la porte de Pantin ce jour-là :)

L’Arc~en~Ciel n’est effectivement pas parvenu à remplir intégralement le Zénith, mais il faut rappeler je pense que la salle est modulable, et que précisément pour L’Arc, elle était en config maximale. S’ils avaient voulu jouer sur l’effet d’annonce, et absolument obtenir un sold-out, il suffisait de réduire la taille de la salle… Quant aux « années de promotion J-Music intensive », j’aimerais bien savoir à quoi cela renvoie, je n’ai personnellement jamais eu la sensation que L’Arc~en~Ciel ait bénéficié d’une promotion de plusieurs années auparavant qui a conduit à ce concert…

Voilà, j’en ai fini, et si je devais conclure en une phrase : on retrouve toujours la même amertume, les fans de la première heure n’acceptent définitivement pas de voir la J-Music se développer, être connue d’avantage du public, et surtout générer un minimum de chiffre d’affaires… C’est pathétique, pour ne pas dire pathologique.

Et que faudrait-il donc faire pour les satisfaire un minimum ? Et bien là c’est le flou le plus total, manifestement les impliquer d’avantage dans la conception ou la production d’events ne semble pas leur convenir, alors à part leur construire une statue à leur effigie, je ne vois pas trop…

En attendant, messieurs, enthousiasmez-vous autant que vous le voulez sur la K-Music, mais si d’ici quelques années le genre suit le même mouvement que la J-Music, il ne faudra pas vous offusquer…

Par Zed - Publié dans : Râlages médiatiques
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