INTER-CONNE-ET-XION ?

Publié le 24 Octobre 2010

Ah 2010... La multiplicité des moyens de transport font de l'homme sédentaire un voyageur en puissance. Envie de soleil ? Hop, on saute dans un avion à Roissy, et quelques heures plus tard, vous voici sur une plage paradisiaque. Envie de pudding ? Direction la gare du Nord, et 2h30 plus tard, vous voici rendu en plein centre de Londres.

L'ouverture des frontières a également plus que jamais favorisé l'échange de marchandises. Il est désormais possible de croiser des routiers réalisant un aller-retour entre le Portugal et la Pologne sans problèmes (même si on peut légitimement se demander si il ne serait pas bénéfique qu'une liaison si longue soit réalisée autrement que par la route).

Et pourtant... En Île de France, une bande d'abrutis une... euh... Des gens résistent encore et toujours à toute forme d'évolution... Et ce sur fond de gueguerre RATP / SNCF. Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Prenons un exemple concret : vous souhaitez réaliser via le RER A un voyage entre les villes nouvelles de Cergy et de Marne-La-Vallée, distantes d'une cinquantaine de kilomètres... Et bien pour une grosse heure de voyage, il sera nécessaire de changer de conducteur !

En effet, une des spécificités du RER A est que l'exploitation de la ligne a lieu à la fois sur un tronçon appartenant à la RATP (en majorité), mais aussi à la SNCF. Un changement de conducteur est donc réalisé à Nanterre-Préfecture pour les rames en provenance et à destination de Poissy et de Cergy.

Car il est visiblement inimaginable qu'un conducteur RATP roule sur le réseau SNCF, et vice-versa. Oh, on imagine que les différences sont vraiment trop nombreuses ! Il s'agit du même train, qui doit donc se conduire de la même façon. Dissemblances notables, l'alimentation électrique, et la signalisation. Car on n'en doute pas un instant, un feu qui est rouge à la SNCF équivaut probablement à un feu vert à la RATP (ironie inside) !

Comme je le disais plus haut, des chauffeurs routiers traversent désormais l'Europe entière, et semblent très bien s'accoutumer des petites différences de signalisation routière entre les pays. Par contre, au sein d'un même pays, c'est visiblement au dessus des forces d'une certaine corporation d'apprendre et de s'adapter à un autre type de signalisation...

Le STIF (Syndicat des Transports d'Île de France), avec toute l'inertie propre au service public (comptez donc plusieurs années pour intervenir), essaye tout de même de changer les choses. Sur le RER B, qui souffre du même système, le principe du conducteur unique a été finalement instauré, à la suite d'une grève de plusieurs jours menée par les conducteurs. Sur le RER A, on attend toujours, et ce depuis l'ouverture de la branche de Cergy en 1988. En attendant, quel est donc l'impact d'un tel système pour les usagers ?

En temps normal, c'est-à-dire lorsque la circulation se fait à peu près correctement, il faut compter sur un arrêt prolongé en gare de Nanterre-Préfecture. Cela peut-être prompt, si toutes les conditions sont réunies, comme très lent, avec un arrêt qui peut durer 3, 4, voir 5 minutes. C'est long, très long.

Mais ça se gâte en cas de problème (et ce n'est pas comme si c'était rare, hum, hum). Le conducteur sensé prendre la relève n'est parfois pas arrivé, et en cas de gros pépin, la décision est prise de supprimer l'interconnexion... Je vous laisse imaginer ce qu'il se passe, quand d'un coup vous attendez votre RER à La Défense, et l'on vous apprend qu'il faudra finalement aller le prendre à la gare Saint-Lazare... Absurde, cela dénote bien la différence de perception entre les usagers et les têtes pensantes...

Cerise sur le gâteau, les grèves, où là, pour le coup, pour peu qu'elles soient suivies, c'est double ration : suppression de l'interconnexion en cas de grève à la RATP, mais également lors de mouvement social à la SNCF ! Et donc, le jour où le STIF décidera la suppression de cette aberration, on peut compter sur quelques belles journées de grève en perspective, comme sur le RER B. À noter d'ailleurs que sur celle-ci, même avec un conducteur unique, en cas de grève, la ligne est scindée en deux, avec l'exploitation distincte des tronçons RATP et SNCF... Faut pas déconner non plus (ironie inside bis)...

Bref, un système archaïque, pour une ligne archaïque, avec du matériel archaïque... Et du personnel archaïque, aussi...

Rédigé par Zed

Publié dans #Râlages en commun

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Thomas Ch 26/10/2010 00:07


C'est malheureusement les joies des transports en Ile de France... Je me demande comment ça doit être dans les autres grandes villes de France.


AquilA 25/10/2010 21:57


Mais quel bordel vous décrivez ZED!Alors c'est ca Paris.je vous l'est déja dis,venez vous vider l'esprit dans la campagne du sud ouest,ca vous fera du bien.: )
Bon courage.