QUELQUES PRÉCISIONS...

Publié le 12 Octobre 2011

Suite à mes billets sur les J-Music Awards, et la réponse de son organisateur, un internaute m’a interpellé dans les commentaires d’un desdits billets, en me questionnant sur tout un tas de choses. Au départ je comptais simplement répondre à la suite, mais au final, vue la taille de la réponse, je préfère en faire un nouveau billet, d’autant que ça offrira à ce pavé une meilleure visibilité. Here we go !

Bon d’abord, en préambule, je dois rappeler que les propos que je tiens ici n’engagent que moi, et peut-être que je me trompe sur les diverses analyses et conclusions. En effet, je ne prétends pas détenir une quelconque vérité universelle, ou un truc du genre. J’expose ici mon opinion, et si je laisse ouvert les commentaires, c’est bien pour que les gens puissent donner leur avis également, surtout s’ils ne sont pas d’accord en fait. Je précise d’ailleurs que je suis arrivé à Nolife pour mes compétences dans le domaine de l’audiovisuel (côté technique), et absolument pas par l’aspect J-Music. C’est juste que c’est cool de pouvoir conjuguer plusieurs passions d’un coup, qui plus est dans son boulot ^^ Et c’est en ce sens que je poste mes avis sur ce blog, et que je me garde bien de les relayer par Nolife.

Donc je ne suis pas certain que ce qui va suivre comblera tes attentes, mais si tu espères de ma part que j’aille chercher des données confidentielles, ou autres, ne compte pas dessus. Je ne suis pas dans une démarche journalistique, et je ne compte pas m’y inscrire spécifiquement un jour ou l’autre. J’essaie simplement quand je le peux d’apporter des éléments qui me permettent de consolider mes points de vue, parce que ça me semble normal quand on avance une thèse de se reposer sur des éléments factuels. Mais pour répondre à tes interrogations, je ne suis pas en mesure de fournir de tels éléments. Donc, je me base surtout sur des interprétations, en espérant que ça convienne tout de même ^^’

J’ai beau côtoyer un peu le microcosme de la J-Music française, je reste avant tout un amateur de J-Music, sans plus, loin de connaître tout ce qui se trame. La plupart du temps, j’apprends les projets des différentes sociétés impliquées dans le milieu en même temps que tout le monde (par exemple, j’ai appris par le communiqué de presse la tournée d’Uplift Spice, je n’en avais pas eu vent auparavant). Tout au plus, je peux avoir parfois quelques échos de projets en cours, mais ça reste marginal, et de toutes façons à confirmer par la suite.

Seuls les différents labels donnent la mesure, moi, je bosse pour un media spécialisé, et donc là pour se faire le relai de leurs actualités. S’ils le désirent, on peut aussi les accompagner et les aider à aborder le marché français, en présentant au public les artistes, en diffusant les clips, etc. Donc si l’on est contacté en ce sens, on est évidemment flattés, et on répond alors aux interrogations formulées, mais ça reste assez rare. Mais entrons maintenant dans le vif du sujet.

La J-Music en France est-elle rentable ? D’un point de vue global, clairement non (encore une fois, c’est mon avis, je n’ai pas sous les yeux la compta des sociétés concernées ^^’). Les ventes (physiques ou numériques) restent assez confidentielles en France, et en ce sens je pense que Bishi Bishi, en se concentrant sur la vente dématérialisée, a fait le bon choix, car ça leur permet de distribuer officiellement plusieurs artistes, tout en assurant leurs arrières puisqu’ils n’ont pas à produire de CDs qui risqueraient de mal se vendre.

Côté live, c’est à analyser au cas par cas. J’imagine que certains concerts finissent dans le positif : les différents live de Kokia ces dernières années, les Morning Musume à Japan Expo, X Japan ou Laruku au Zénith (rempli à 80 ou 90%, ça reste tout à fait honorable, n’en déplaise à certains) : autant d’events qui ont attiré pas mal de spectateurs, et qui, combinés à la vente de merchandising, auront je pense permis aux organisateurs de rentrer dans leurs frais. Dans la même catégorie, on peut citer Tôkyô Ska Paradise Orchestra, MUCC, Miyavi, LM.C… Des artistes qui reviennent relativement souvent en France, et qui je crois retrouvent leur public à chaque fois.

À côté de ça, on a des artistes moins connus (mais pas pour autant déméritants) qui galèrent pour se faire connaître, et qui tournent dans des petites salles (je repense notamment à la première tournée de Lazy Guns Brisky). Et enfin des petits groupes qui pensent (ou à qui l’on vend) une reconnaissance assurée en Europe, et qui au final s’y cassent les dents (j’ai du mal à croire que les petits groupes de visu inconnus parviennent à rentabiliser leur venue). Ce qui peut être également vrai pour de grands pontes du milieu (Gackt en aura fait l’expérience cet été), mais pas forcément.

Alors, qu’est-ce qui fait que c’est parfois un succès, parfois un bide ? Je pense que c’est un savant cocktail entre popularité (au Japon et/ou en Europe, mais à ce niveau là une connexion est impérative), et médiatisation (dans le sens global du terme). S’adosser à une convention est également malin. A titre d’exemple, le J.E. Live House propose sur 4 jours une richesse exceptionnelle dans la programmation, de quoi satisfaire tous les goûts, et proposer des découvertes intéressantes à un public, disons, déjà quelque peu sensibilisé à la musique japonaise.

Question n°2 : X Japan, L’Arc~en~Ciel, Dir en Grey en France, est-ce un progrès ? Je ne pense pas, non. En l’occurrence, pour ces 3 groupes, les motivations étaient assez distinctes. X Japan venait surtout pour recoller les morceaux, après deux annulations, afin de regagner un peu la confiance de leurs fans. Leur second objectif était, avec cette étape européenne dans leur tournée mondiale, de montrer l’ambition internationale du groupe (sortie de la version 2011 de Jade sur iTunes au même moment). Lors de leur tournée 2007/2008, Laruku faisait un détour par la France pour le prestige : un concert à Paris dans une tournée asiatique, filmée sous tous les angles pour le DVD, retransmis en direct au Japon… Il fallait marquer les medias japonais de la réussite de ce live, entériner la dimension internationale du groupe (ça n’empêche que c’était un putain de concert, probablement le meilleur concert de J-Music auquel j’ai pu assister en France jusqu’à maintenant). Pour Dir en Grey, après un concert à l’Olympia qui je crois avait su combler les fans (je n’y étais pas), le live au Zénith était là plutôt pour confirmer la popularité du groupe en Europe, et au besoin répondre à une potentielle montée en puissance… Bref, dans chacun de ces cas, je n’y vois malheureusement pas une volonté profonde des japonais d’investir le marché européen.

Mais je reviens au live de Dir en Grey au Zénith : comment expliquer l’échec dudit concert ? Je pense que le tourneur (et/ou le groupe) a vu trop grand. Le Zénith, c’est plus de 6000 places, la seconde plus grande salle de spectacle de Paris. Et pour parvenir à le remplir, il faut que le groupe soit suffisamment connu et populaire pour que ça le fasse. Evidemment, en tentant le Zénith, Dir en Grey fût précurseur en la matière, mais avec le recul donc, ça semble vraiment compliqué pour un groupe japonais d’y faire un sold out. Et forcément (je ne sais pas combien de spectateurs étaient venus au final), ben si tu as 1500 personnes dans une salle qui peut en contenir 6000, ça semble assez désert.

Cela m’amène à une légère digression sur le sujet : je pense qu’un groupe japonais disposant d’une certaine renommée et d’une certaine popularité peut tout a fait amener 1500 ou 2000 personnes sur une date sur Paris, ce qui me semble suffisant pour rentabiliser un tel évènement. Des salles comme le Bataclan ou La Cigale semblent tout à fait adaptées pour cette capacité. A condition aussi que les artistes acceptent le jeu des medias spécialisés, qui permet de faire la promo du concert, et attirer l’attention des spectateurs qui pourraient être intéressés (spéciale dédicace à Gackt, à nouveau).

Mais voilà, la plupart des artistes japonais reconnus voudraient disposer des mêmes prestations dont ils bénéficient lorsqu’ils tournent au Japon. Quelque part c’est compréhensible, mais ça conduit surtout à une impasse, car aucun tourneur ne prend le risque d’offrir cela en Europe : c’est la certitude de perdre de l’argent au final. Donc, il faut d’abord que les japonais revoient leurs prétentions à la baisse, et ce d’une manière globale.

Ensuite, il y a aussi un problème géographique : à l’heure actuelle, si l’on excepte les organismes tentaculaires type LiveNation, aucun tourneur n’est capable à ma connaissance de proposer une tournée européenne solide « clé en main ». Donc si un artiste japonais veut venir en Europe, et rentabiliser ce déplacement en proposant par exemple une date dans chaque pays d’Europe occidentale, et bien il lui faut démarcher lesdits pays un à un. Forcément, ça refroidit, et il faut ajouter à ça les problèmes linguistiques…

Donc, oui, j’espère qu’un jour une telle structure existera, et disposera de contacts privilégiés avec des salles adaptées dans chaque pays, permettant aux japonais désireux de venir et bien de n’avoir qu’un seul contact à l’échelle européenne, et d’organiser bien plus facilement une tournée.

Ton interrogation suivante portait sur la peur des labels japonais sur le traitement des medias français. Alors je ne dispose d’aucun élément sur le sujet pour étayer mon hypothèse, mais sincèrement je pense que les japonais s’en foutent pas mal. Ce qui compte, c’est surtout ce que les médias japonais diront : quand L’Arc~en~Ciel se fait allumer par France 2, je pense que le staff du groupe n’en a rien à faire. Par contre, c’est important en terme de communication qu’un tel concert soit relayé dans la presse nippone.

Alors pourquoi les artistes japonais ne viennent pas plus en Europe ? Et bien justement, ils ont clairement moins à gagner en s’exportant à l’international, plutôt que de se concentrer sur leur marché local. C’est sur, de notre point de vue, ça fait mal, mais c’est la triste vérité. Tout ça reste du business, et forcément les groupes vont avant tout là où les perspectives financières sont les plus alléchantes. Ce n’est pas une règle absolue, mais ça dicte tout de même beaucoup de comportements. C’est la raison la plus évidente qui fait que les plus grandes stars japonaises ne viennent pas en Europe.

Parlons maintenant des spécificités du marché européen de la J-Music. Car c’est évident qu’on a des goûts et une approche différente de la musique. Donc oui, ce qui cartonne au top Oricon n’aura pas forcément du succès en occident. Sauf que là encore, tout est dans la demi-mesure, impossible d’établir une règle en la matière. D’ailleurs, avec du recul, on peut se rendre compte que les styles typiquement nippons (visu, idols), trouvent d’avantage d’écho que du rock ou de la pop. Serait-ce cela que recherchent les fans européens, du dépaysement ?

En ce qui concerne les anime comme vecteur de découverte, j’explicite mon avis : je ne parlais pas en particulier des artistes habitués à cet exercice, mais d’avantage au niveau de la diffusion et de la découverte de la musique japonaise. C’est à l’heure actuelle en Europe un moyen relativement efficace d’amener le public à s’y intéresser. Ainsi, j’imagine assez bien l’ado de 14 ans, qui suit assidument Naruto (ou autres), mettre dans son lecteur MP3 les génériques de la série qu’il a aimé, car ils sont très efficaces et lui rappellent la série, sans même se dire qu’il s’agit là de musique japonaise. Et si on lui demandait s’il écoute de la musique japonaise, il ne répondrait pas immédiatement par l’affirmative, car la connexion ne serait pas évidente pour lui.

Venons-en à la représentativité du J-Top. Ce que j’ai dit dans mes billets reste tout à fait valable, en ce qui concerne notamment les points faibles. On ne pourra que s’améliorer au fur et à mesure, en intégrant plus d’artistes, en diffusant au plus tôt les nouveautés, etc… Après, il y a un nombre non négligeable de fans de J-Music qui ne votent pas pour le J-Top, et ce pour diverses raisons. Mais rien ne les empêche de changer d’avis et d’y venir, en espérant qu’ils comprennent par eux-mêmes l’intérêt qu’ils ont à le faire. Ainsi, pas mal de personnes ne font pas l’effort de le faire, car ils ne peuvent pas voter pour tel ou tel artiste. Mais, j’en viens à nouveau à faire la promo du J-Top, ça évolue en permanence, et beaucoup se basent sur une première impression ou un état des lieux qu’ils avaient constaté il y a 2 ou 3 ans. S’ils s’y intéressaient à nouveau, peut-être trouveraient-ils leur bonheur maintenant. En bref, le J-Top est loin d’être parfait, certes, mais à l’heure actuelle est ce qui est le plus adapté pour renseigner les labels japonais sur comment appréhender le marché français.

Ensuite, pour reprendre tes termes, le but de Nolife est-il de « répandre et structurer la jpop en France » ? Répandre oui, c’est certain. Encore une fois, en diffusant tous les clips que l’on veut bien nous passer, sans distinction. Structurer, non, ce n’est pas le rôle de Nolife, et surtout ce n’est pas notre (nos) métier(s). Nous ne sommes pas éditeur, ou tourneur, donc c’est à d’autres de s’en occuper. Mais on voit que ça commence à fonctionner : Uplift Spice ne s’apprêterait certainement pas à faire une tournée française si Nolife n’avait pas diffusé leurs clips.

Passons ensuite à un gros morceau, Nautiljon. S’il est clair qu’il s’agit à l’heure actuelle du site francophone drainant la plus grosse communauté d’amateurs de J-Music, c’est évident que la présence de contenus illégaux demeure toujours le cœur du problème, et non le public qui fréquente le site. Il est évident que les personnes qui œuvrent pour et sur ce site le font vraiment par passion, par amour pour la J-Music. Certaines suivent d’ailleurs avec intérêt Nolife, et ont bien compris notre démarche.

J’ai malheureusement l’impression que Nautiljon est enfermé dans un cercle vicieux : du contenu téléchargeable gratuitement assure un nombre de visites conséquentes, donc les revenus pubs qui en découlent, et qui permettent de financer les infrastructures et la pérennité du site. Et si le tout premier élément de cet enchainement est supprimé intégralement, tout le reste s’effondre. Il y a en effet fort à parier qu’un nombre conséquent de visiteurs déserteront s’ils ne trouvent plus « gratuitement » ce qu’ils recherchent.

Il en va de même pour les lives… Bref n’importe quelle statistique qui serait basée sur la fréquentation de ce site me semble bancale, car biaisée par l’aspect gratuité. Ce n’est pas parce qu’un amateur de J-Music va se regarder un live, qu’il se déplacerait physiquement si l’artiste en question faisait un concert en France.

Oui, à l’heure actuelle, si l’on veut établir une relation durable avec les labels japonais, et leur prouver notre sérieux et notre volonté, on ne peut pas travailler avec un site comme Nautiljon, sinon, pour le coup, on se tirerait une sacrée balle dans le pied.

Tout ça relève de mon avis, auquel on peut évidemment m’opposer une infinité d’arguments. Mais dans ce cas précis la rangaine « je télécharge pour découvrir, et ensuite j’achète » ne tient pas. A ce moment-là, du simple streaming suffirait, et il est évident qu’une majorité d’auditeurs n’y trouveront pas leur compte, car ce qu’ils veulent avant tout, c’est un fichier MP3.

Idem, l’argument que tu avances sur la difficulté de trouver de la J-Music en France ne me convainc pas : si l’on excepte les sorties officielles françaises, trouvables sur les sites habituels, il suffit de se rendre sur des sites spécialisés qui ont largement pignon sur rue pour trouver ce qu’on cherche : CDjapan, playAsia, etc… Encore faut-il accepter de jouer le jeu de l’import, avec les taux de change, les frais de port et les taxes…

On en vient ensuite aux différences de comportements entre ce que l’on peut écouter au quotidien, et les artistes qu’on irait voir en live… Alors là, joker, c’est quelque chose de bien trop compliqué à analyser pour moi. Car outre les goûts de chacun, il y a aussi un phénomène de rareté qui entre en ligne de compte. A l’heure actuelle, vu le peu d’artistes japonais qui viennent en Europe, on peut tout à fait être tenté d’y aller, même si les artistes ne sont pas ceux que l’on écoute régulièrement.

Concernant les relations que Nolife peut entretenir avec les labels, je ne sais pas exactement quelle idée tu t’en fais, mais il faut voir que la plupart du temps, il s’agit de relations pros : on est une chaine de télé, on passe des clips, on informe sur les nouvelles sorties et les concerts à venir. C’est ce type de choses que nous envoient les labels, et en retour on leur fait parvenir régulièrement les résultats du J-Top. Et ensuite, quand ça se passe bien, on peut envisager des choses plus évoluées : des live reports lorsque la situation s’y prête (comme celui que j’ai réalisé pour les 20 ans de L’Arc~en~Ciel), voir la création d’un programme spécifique (Ami Ami Idol pour le Hello ! Project). Mais il ne faut pas croire que l’on dispose d’avantages outranciers : sur les events ou les concerts, on est traités comme le reste de la presse (et parfois assez mal, même si on diffuse par ailleurs les clips des artistes concernés), sur des conventions type Japan Expo, sur la durée de l’évènement on dispose de badges presse comme tous les autres medias, etc…

« cet ambiguïté […] accentuée qu'elle l'est par vos posts qui se revendiquent comme généreux en infos » Alors là, je ne suis pas d’accord. Je n’ai jamais laissé entendre, et encore moins revendiqué des choses de cette nature. Tu as des exemples sur ce point précis ? En tout cas, si c’est ainsi que tu interprètes certains de mes propos, c’est que j’ai mal tourné mes phrases, mais cette finalité est purement involontaire.

Pour finir, un mot sur la segmentation du public. Ce que je disais dans mes billets reste d’actualité. Bien sur, on trouvera toujours, et heureusement, des gens capables d’être suffisamment ouvert d’esprit pour écouter de tout, et apprécier les apports de chaque style musical. Mais il ne faut pas se voiler la face, et tu le résumes très bien : « en réalité au niveau de l'ouverture le public jpop est pas différent du public de zik occidentale ». Tout a fait, je doute que les fans de Jenifer se jettent sur le dernier album d’Orelsan. Ben c’est pareil pour la J-Music, je doute que les fans des AKB48 se jettent sur le dernier The Gazette. Cette segmentation est structurelle, selon les goûts de chacun, ça me semble assez limpide. Peut-être aussi qu’elle se fait d’avantage ressentir, car le public écoutant de la J-Music est plus nombreux, que disons, il y a 10 ans, où c’était cantonné essentiellement aux connaisseurs, plus apte à écouter plusieurs genres que n’importe quel fan.

Voilà, je crois que j’en ai terminé, oui c’était long, mais n’hésite pas à me dire si tu estimes que certains points demeurent flous, ou si j’ai oublié des choses que tu as soulevé (j’ai essayé d’être exhaustif pourtant).

Rédigé par Zed

Publié dans #Râlages médiatiques

Commenter cet article

àbas 07/11/2011 17:26


Tout d'abord votre remarque sur la convergence est intéressante. Et votre première remarque sur le "grand public" l'est encore plus car JUSTEMENT...

j'ai utilisé ce terme volontairement. Certains artistes jpop sont bel et bien connus du grand public. Pas de tout le monde, mais au même niveau que des groupes new-wave ou des rappeurs américains
old-school et jamais cités par les magazines, ou bon exemple, des artistes allemands (tout autant introuvables en France que les japonais). Ces gens ont quelques mp3 mais tout le monde ne se
débrouille pas bien avec google alors ils ne vont pas plus loin. Et c'est parfaitement légitime.

Cependant je reconnais que quasiment aucun artiste japonais n'a cette minuscule aura grand public français. Je ne peux à priori citer que ceux-ci : X Japan, Ayumi Hamasaki, peut-être Perfume et
Kumi Koda et encore c'est pas sûr pour les deux derniers. Et je me demande si dans les années 80 j'étais pas tombé sur un disque d'Akina Nakamori, car j'ai toujours connu son nom et sa musique je
ne sais comment, mais le souvenir est flou.

Alors oui pas de quoi casser trois pattes à un canard mais certains français "grand public" pur sucre (connaissent rien du Japon et de la jpop, écoutent à 95% de la musique occidentale) sont bel et
bien touchés par quelques artistes jpop. Que ça relève clairement de la rareté voire de l'exception n'enlève rien au fait que ça pourrait aller plus loin.

En poussant l'étude plus loin, on arrive à l'extrême DJ Krush qui est très connu du grand public français et pas du tout du public jpop.


àbas... 31/10/2011 12:09


Ca ne change bien sûr rien sur notre accord sur le fond du débat, c'est-à-dire le manque de rentabilité à rendre la jpop accessible en occident.


àbas... 31/10/2011 12:07


Je voudrais juste avec le recul rajouter quelques courtes précisions sur des détails, des formulations que vous avez utilisées :

- yeasia, cdjpan and co ne sont pas accessibles par le grand public et même pas par des internautes, sauf s'ils sont chevronnés et ont passé des mois dans l'internet jpop français.
- "jouer le jeu de l'import" est une formule déconnectée de la réalité quand les cds coûtent 30 euros. (sans compter les frais de port et de douane). Il y a des combines mais ça revient au 1), très
dur pour des non initiés à trouver.
- De la jpop en streaming ? Mouais à condition de payer sur lastfm (reversent-ils des droits aux labels ? j'ai des doutes quand on voit que tous les artistes interdits sur deezer s'y trouvent). Et
le streaming n'est pas encore la solution avec les technologies actuelles (convergence des écrans non réalisée, mp3 de piètre qualité)


Zed 01/11/2011 23:32



Alors rapidement :


 


- Oui dans l'absolu yesasia, ou cdjapan ne sont pas accessibles au grand public, mais le grand public ne s'intéresse pas à la musique japonaise. C'est surtout un public qui en écoute déjà qui
pourrait se diriger vers ces boutiques, et je pense que dès l'instant où l'on écoute et on s'intéresse à la J-Music, ces noms reviennent régulièrement.


 


- Quand je parle de "jouer le jeu de l'import", c'est bien du côut que ça implique, donc je pense avoir bien choisi cette formule. Oui les CDs au Japon coûtent chers, bien plus qu'en Europe, donc
c'est bien de savoir si les gens sont prêts à payer 40 € pour un CD qui est en jeu.


- Je ne suis pas un spécialiste des sites de streaming musicaux, mais je pense qu'en ce qui concerne les sites ayant une bonne visibilité, à partir du moment où ils proposent des artistes à
l'écoute, ils doivent avoir le droit de le faire. Et de mémoire, j'abordais cette question dans le cadre de Nautiljon. Je n'ai jamais dit que c'était LA solution, juste une piste à creuser pour
-peut-être- limiter le piratage. Quant au principe de convergence, justement les offres de Deezer commencent à être intéressantes, puisque d'après ce qu'on m'a expliqué, les abonnés peuvent
télécharger sur leur portable des titres, pour les écouter après coup, même sans connexion internet.



Kaori 19/10/2011 22:32


J'ai tout lu, c'était intéressant et agréable à lire, du coup je ne me suis pas rendue compte de la longueur du texte. J'ai encore appris des trucs sur le fonctionnement des labels japonais quant à
leur plan de conquête internationale (ou pas) avec leurs artistes, c'est toujours bien de savoir. Merci trop pour toutes ces informations .


àbas... 13/10/2011 11:56


Et bien merci pour cet réponse (je me doutais que ça prendrait la forme d'un article).
Tu éclaire beaucoup de choses, et c'est complet.

Juste en ce qui concerne la relation avec les labels, je n'ai jamais insinué que vous aviez des avantages. Petit problème basique d'interprétation de mes écrits, comme j'en ai aussi eu par rapport
aux tiens (paragraphe suivant dans ton article).
Je voulais juste dire que vous ne cherchiez sûrement pas à les froisser (en critiquant leur stratégie par exemple), rien d'autre. Vous avez comme tu le dis une relation pro, et de toute façon tes
explications montrent qu'indépendamment de ça tu comprends leurs motivations et leur stratégie. Ca c'est un gros apport de ce nouvel article par rapport au précédent.

Très bon article de précision, il m'apprend des arguments solides et même des suppositions que je partage déjà comme celle sur le public de Naruto (je suis aussi passé par là haha). Merci donc et
rien à ajouter pour l'instant.

PS qui n'attend pas de réponse par rapport à mimu et mon pseudo, on s'en fout un peu mais c'est pour préciser par honnêteté :
peu après avoir écrit mon message précédent je suis tombé par hasard sur un dossier de Shito sur le site de mimu qui correspond exactement à une vision que je défends, avec présentation générale,
ouverte et complète de la jpop actuelle et même tutorial pour en acheter (en gros ce dossier de Shito démontait l'intégralité de mes critiques contre lui). J'avais réuni les blogueurs sous la
mention "mimu" car beaucoup viennent de ce site défunt et je supposais qu'il n'était en gros que l'addition des blogs actuels. Je me trompais, mimu semblait autre chose, et même à l'opposé de
l'attitude de ces blogs. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Shito pour qu'il rejoigne ses défections dans une même attitude aigrie et fermée, à l'opposé en fait de ce qu'il faisait sur mimu. Ce
changement d'attitude incompréhensible m'a conduit à condamner ce site défunt sans le connaitre. De tels comportements irrationnels auto-destructeurs sont bizarrement fréquents dans la blogosphère
jpop. Tu posais la bonne question : "c'est où qu'on signe pour se faire interner ?".