LES FRENCH J-MUSIC AWARDS, ENTRE HYPOCRISIE ET SCHIZOPHRÉNIE (3/5)

Publié le 20 Avril 2011

Previously, on Le Blog Pour Râler : Les French J-Music Awards, entre Hypocrisie et Schizophrénie (2/5)

 

 « On se rapproche ainsi davantage d’une bataille de fanbases, comme le J-Top de la chaîne Nolife. » dit Orient-Extrême. « Le public français de la musique japonaise est plus que jamais sectorisé entre communautés qui sont le plus souvent disjointes » lit-on sur le blog J-Pop. On peut effectivement constater ce même phénomène dans le J-Top de Nolife. Avec du recul, cela est assez logique. Parce qu’il faut arrêter de penser que les personnes qui écoutent de la J-Music sont toutes capables d’apprécier tous les styles musicaux qui la composent. On retrouve, comme pour la musique dans sa globalité, ceux qui aiment le rock, et qui ne vont donc écouter que ça, et c’est la même chose pour tous les styles. Tout juste peut-on faire un aparté pour les styles résolument japonais, tels le Visual Kei, ou les Idols (féminines ou masculines).

Au-delà de ça, je pense que c’est ici que l’on retrouve l’aspect partage et découverte. Il s’affirme d’avantage selon les genres, mais il est toujours présent. Vous aimez le Visu ? Rendez-vous sur un forum spécialisé, vous pourrez certainement échanger avec des personnes ayant les mêmes goûts, et découvrir d’autres artistes appartenant à ce mouvement.

Mais ce qui dérange ces analystes, c’est en globalité la perte de vitesse de la pop japonaise en France. « Utada Hikaru vit une véritable tragédie : déjà abandonnée par les plus grands media spécialisés français » indique Orient-Extrême. Je serais curieux de savoir qui sont donc les plus grands medias spécialisés français, puisqu’on apprenait précédemment qu’ils avaient quasiment tous cessé leurs activités.

Personnellement, j’aime beaucoup Utada Hikaru, mais force est de reconnaitre qu’outre sa fin d’année très médiatisée pour cause de hiatus, elle s’est faite plutôt discrète sur la scène musicale japonaise en 2010.

Au même titre qu’Hamasaki Ayumi : elle n’est plus en tête des ventes, elle est moins exposée, on la retrouve moins bien classée, cela me semble finalement une explication rationnelle, et en adéquation avec ce que l’on constate dans les charts.

« Pas étonnant du coup de retrouver YUI en tête des deux catégories singles et albums féminins : la chanteuse a été le choix « par défaut » de beaucoup de jeunes qui la connaissent par le biais de ses génériques d’anime »

Au demeurant j’aime bien ce que fait Yui, mais surtout, comme ça avait été souligné au TIMM, les génériques d’animé sont actuellement un vecteur quasi-incontournable pour faire connaitre la J-Music en France. Que l’on soit d’accord ou pas, c’est un fait, et il faut composer avec.

Après, de là à dire que les gens ont placé une artiste en tête juste par méconnaissance, je trouve ça plutôt gonflé, mais bon, si je comprends bien, il faudrait à la fois que les votants soient grand public, pour que le sondage soit représentatif, mais pas trop non plus, sinon ils ne votent pas pour les bons artistes… On signe où pour se faire interner ? :)

Maintenant, un coup d’œil du côté des genres qui marcheraient en France, notamment en concert. D’après Orient-Extrême :

« Ces French J-Music Awards 2010 montrent également la prépondérance des fans de boysbands Johnny’s sur le public visual kei, que bon nombre de professionnels considèrent toujours, de loin et à tort, comme le seul genre réellement apprécié, rentable en terme de production d’événements, de distribution ou d’édition. Cette perception erronée du marché français, voire européen, expliquerait en partie les échecs et maladresses des professionnels. Et que dire des conséquences sur les sollicitations et conseils d’investissement livrés ces dernières années aux agences et maisons de disques japonaises ?... »

Et oui, les préjugés dans le domaine ont de beaux jours devant eux. Pourtant, le J-Top de Nolife, si malhonnête donc, a montré que les artistes plébiscités n’étaient pas uniquement issus du visual kei, loin de là. Mais croyez-vous que seuls les pros, qui sont donc des crétins finis, pensent ça ? Un petit tour dans les commentaires de l’analyse livrée sur le blog J-Pop sème le trouble. Un blogueur spécialisé dans la J-Music, Van, indique ceci : « Honnêtement seule KOKIA (et encore), et les groupes de visu qui ne font pas vraiment carrière au Japon, sont rentables, pour eux et pour les tourneurs. »

Bref, de toute évidence,  les pros ne sont pas les seuls à raisonner comme ça... Les choses ne sont donc pas là de changer. Et comme le relève un intervenant, Moué, qui s’étonne de cette fatalité, il se fait vite rembarrer. Il faut rester aigri et méchant, parce qu’il ne faudrait pas non plus que les choses évoluent.

« L’association Soundlicious / Japan Expo s’impose plus que jamais comme la principale, sinon la seule structure française capable de faire venir ces artistes majeurs que le public attend depuis longtemps; j’avoue une certaine impatience à l’idée de découvrir leurs projets pour 2011. »

Alors là, je pense que dans la catégorie suce-boule, on a la mention gagnante, tant l’auteur de ces lignes se montrait réticent, il y a quelques mois à peine, à un tel rapprochement.

 

(À suivre demain)

Rédigé par Zed

Publié dans #Râlages médiatiques

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